Habiter le bâti — Nicolas Daubanes

« Habiter le bâti » de Nicolas Daubanes, Yan Bernard et Alexis Judic

©Yan Bernard - Chaos artefacts - photographie Alain Chudeau - conception graphique : Nicolas Lorieux

Nicolas Daubanes concentre son champ d’action sur les espaces sociaux clos comme les prisons, les écoles ou les hôpitaux. Il interroge les multiples modes de résistance au contrôle social dont ces architectures spécifiques sont à la fois le symbole et la mise en œuvre pratique.

Reproduisant des processus de croissance analogues à celui des cristauxYan Bernard produit à l’infini des formes dont la multiplication brouille la signification originelle. Par là il interroge le rapport entre virtuel-réel et l’idée d’architecture, l’ambigüité d’un objet-sculpture-maquette.

Alexis Judic analyse le parcours catastrophique de la ville pavillonnaire et son habitation individualisée dont l’entropie menace l’habitabilité du monde à laquelle il oppose les formes architecturales utopiques et communautaires.

À propos des artistes


Né en 1963, il vit et travaille à Perpignan. En 2010, Nicolas Daubanes obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression plastique de l’école des Beaux Arts de Perpignan. Depuis 2008, il ouvre son champ d’action en milieu carcéral, notamment dans l’établissement pénitentiaire pour mineur de Lavaur, et multiplie les expériences d’ateliers, de résidences d’artistes et de professorat en prison.

Sa pratique parle de choses compliqués, l’art est pour lui une façon de vivre cela. ce désir de créer une certaine porosité entre l’actualité et la fiction donne alors à sa démarche une dimension dramaturgique qui tisse l’agir et le dire dans de nouvelles scènes politiques capable de briser la loi de la représentation et d’ouvrir des portes à jamais condamnées.

«Quand on me dit que quelque chose est interdit, je me demande comment contourner la règle pour être dans une limite intéressante et créer un travail ambigu, d’un point de vue pénal ou non».


«Comme un grand nombre des artistes de sa génération, Yan Bernard est un peintre qui pratique la photographie. Il choisit des images qui s’attachent au stéréotype, à la banalité, lieux insignifiants constituant des inventaires d’évènements, des images factuelles, susceptibles de servir à la préparation de ses peintures»

« Ce lien temporel à l’œuvre me plaît. Je passe par cet apprentissage en espérant toujours que cette étape soit contenue dans l’œuvre. »


Alexis Judic appartient à cette jeune génération d’artistes qui semblent être traversés par des courants de l’histoire de l’art que l’on croyait sinon oubliés du moins éteints. Mais il est notable de constater que pour des artistes tels qu’ Alexis Judic seule l’histoire de l’art que l’ on peut vivre soi-même, du moins appréhender comme expérience personnelle, seule cette histoire nous concerne.

Comme un étranger, l’artiste cherche le chemin du retour au pays. C’est un chemin encombré de zones de vides, de décharges, de déchets oubliés, des villes et villages abandonnées ayant servis à des expérimentations militaire; communautés de hippies ayant vécus à la fin des années 60 des expériences utopiques et artistiques, conflits architecturaux et ensemble pavillonnaires, voilà les principaux sujets d’inspirations et point de départ de l’artiste.

Exposition du 7 juillet au 2 septembre 2018
Ouvert tous les jours de 14h à 18h